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Note de lecture
Marie-Frédérique Bacqué « Apprivoiser la mort »Éditions Odile Jacob, 283 pages, 23 eurosComment faire face au deuil ? Comment en atténuer les complications psychologiques ? Comment rendre à la mort sa juste place ? La psychologue Marie-Frédérique Bacqué tente dans un de ses ouvrages (*) de nous aider à faire face à notre désarroi face à la mort. De l'importance des ritesMarie-Frédérique Bacqué nous rappelle tout d'abord l'importance des rites et de leur effet protecteur : après une perte, ils permettent d'accepter progressivement son nouvel état et « d'arborer une nouvelle identité ». Si la fonction du rite est sociale, à destination du groupe (le rite relie les hommes à leur passé et à la chaîne des hommes futurs), elle est aussi thérapeutique. « Par la répétition de gestes connus des générations antérieures, par l'accès à des émotions archaïques, (le rite) lève le déni ou le refus du passage et de ses conséquences, mais il permet surtout l'accès à des représentations mentales de rupture, d'abandon et d'avenir », explique-t-elle. La psychologue regrette pourtant que les rites se soient amenuisés, perdant en conséquence de leur pouvoir réparateur : « Aujourd'hui, le manque d'initiateur de rite laisse un douloureux « no man's land » autour du mort ». Ainsi, lorsqu'un patient décède à l'hôpital, personne ne sait vraiment quoi faire et « ce sont souvent les seuls soignants qui apporte un semblant d'organisation à ce qui devrait être en fait le début d'une cérémonie ». Pour Marie-Frédérique Bacqué, des « pratiques rituelles » nouvelles sont à inventer. Elle donne l'exemple de certaines entreprises de pompes funèbres qui donnent des cercueils « à dessiner » pour les enfants. Le soutien des prochesAprès un deuil, souvent accompagné d'une souffrance intolérable, l'entourage a un rôle fondamental à jouer. Le groupe possède un rôle de soutien mais aussi de « guide à jouer » : « l'accompagnement des endeuillés reste l'une des meilleures façons de resocialiser le deuil et la mort », écrit la psychologue. Accompagnement « naturel » de la famille mais aussi des amis ou des relations communautaires (communautés religieuses, clubs, etc). La psychologue se réjouit d'avoir vu, ces dernières années, éclore nombre d'associations proposant des services d'écoutes téléphoniques, des entretiens individuels ou familiaux, des groupes de partage ou thérapeutiques. (*) Marie-Frédérique Bacqué est vice-présidente de la Société de thanatologie et professeur à l'université de Strasbourg. Outre « Apprivoiser la mort », elle a publié « Le Deuil à vivre », « Deuil et Santé », « Mourir aujourd'hui » et, dernièrement, avec l'oncologue François Baillet « La force du lien face au cancer ».
Agence ruedespommiers
Note de lecture
Marie-Frédérique Bacqué  « Apprivoiser la mort » Éditions Odile Jacob, 283 pages, 23 euros
Comment faire face au deuil ? Comment en atténuer les complications psychologiques ? Comment rendre à la mort sa juste place ? La psychologue Marie-Frédérique Bacqué tente dans un de ses ouvrages (*) de nous aider à faire face à notre désarroi face à la mort.
De l'importance des rites Marie-Frédérique Bacqué nous rappelle tout d'abord l'importance des rites et de leur effet protecteur : après une perte, ils permettent d'accepter progressivement son nouvel état et « d'arborer une nouvelle identité ». Si la fonction du rite est sociale, à destination du groupe (le rite relie les hommes à leur passé et à la chaîne des hommes futurs), elle est aussi thérapeutique. « Par la répétition de gestes connus des générations antérieures, par l'accès à des émotions archaïques, (le rite) lève le déni ou le refus du passage et de ses conséquences, mais il permet surtout l'accès à des représentations mentales de rupture, d'abandon et d'avenir », explique-t-elle. La psychologue regrette pourtant que les rites se soient amenuisés, perdant en conséquence de leur pouvoir réparateur : « Aujourd'hui, le manque d'initiateur de rite laisse un douloureux « no man's land » autour du mort ». Ainsi, lorsqu'un patient décède à l'hôpital, personne ne sait vraiment quoi faire et « ce sont souvent les seuls soignants qui apporte un semblant d'organisation à ce qui devrait être en fait le début d'une cérémonie ». Pour Marie-Frédérique Bacqué, des « pratiques rituelles » nouvelles sont à inventer. Elle donne l'exemple de certaines entreprises de pompes funèbres qui donnent des cercueils « à dessiner » pour les enfants.
Le soutien des proches Après un deuil, souvent accompagné d'une souffrance intolérable, l'entourage a un rôle fondamental à jouer. Le groupe possède un rôle de soutien mais aussi de « guide à jouer » : « l'accompagnement des endeuillés reste l'une des meilleures façons de resocialiser le deuil et la mort », écrit la psychologue. Accompagnement « naturel » de la famille mais aussi des amis ou des relations communautaires (communautés religieuses, clubs, etc). La psychologue se réjouit d'avoir vu, ces dernières années, éclore nombre d'associations proposant des services d'écoutes téléphoniques, des entretiens individuels ou familiaux, des groupes de partage ou thérapeutiques. (*) Marie-Frédérique Bacqué est vice-présidente de la Société de thanatologie et professeur à l'université de Strasbourg. Outre « Apprivoiser la mort », elle a publié « Le Deuil à vivre », « Deuil et Santé », « Mourir aujourd'hui » et, dernièrement, avec l'oncologue François Baillet « La force du lien face au cancer ».
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