Certains les mangent par la racine, d’autres préfèrent souffler dessus. L’un rejoindra l’autre, tôt ou tard, car tout opposé connaît sa ritournelle satirique.
Prenez un pissenlit délicatement, entre vos doigts. Caresser-le, chérissez-le. Faites-le tournoyer, observez-le, admirez-le.
Rendez-lui hommage. Ne point le brusquez, sous peine de le voir s‘effeuiller. Soutenez-le. Soumettez-le… Il se dresse, majestueux.
Saisissez le moment propice puis entrouvrez doucement vos lèvres. Approchez-le de votre bouche et d’un souffle régulier, laissez s’envoler ses aigrettes. Au fil du vent, elles s’en vont vers d’autre courant, emportant avec elles, l’espoir d’autres vies.
Votre regard s’illumine devant ce magnifique paysage. Votre imagination n’en peut plus, elle divague.
En principe, c’est là que je me fais cette réflexion : Si une aigrette était l’âme d’une personne, imaginez-vous combien de vies vont pouvoir encore rester à danser tout autour de nous ? Combien, poussées par le vent, vont encore nous rappeler que finalement rien ne meurt jamais. D’une année à l’autre, d’autres pissenlits refleuriront nos jardins et c’est cela, soyez-en certains, qui fera perdurer la mémoire (des vies).
Par Kathy Kat le 4/1/2012
Nota bene : « manger les pissenlits par la racine », métaphore du défunt enterré mangeant des racines de pissenlits poussant au-dessus de lui.