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Les funérailles chez les Inuit 09 Feb 2012
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Les funérailles InuitNous l'oublions souvent, en ces périodes hivernales, mais il est des pays où il fait toujours froid, dont les habitants sont constamment en lutte avec cette létalité glacée. Comme partout, la mort y clôt toute existence, et les esquimaux ont développé leurs croyances, leurs rituels.
D'emblée, rappelons un fait : les esquimaux, ou eskimos, n'existent pas. C'est le nom donné par les européens aux populations du cercle polaire arctique, les Inuit et les Yupik. Au Canada, sur le territoire duquel la majorité réside, ce terme est considéré comme insultant. Esquimau, ou Eskimo signifie, dans la langue Inuit ''mangeur de viande crue''.
La culture Inuit est principalement de culture et d'origine nomade, même si l'apport du monde moderne à leur mode de vie a été la sédentarisation, et comme chaque culture, elle a développé ses particularités en fonction de son environnement. Inutile de préciser que, dans leur cas, celui-ci est particulièrement hostile.
Le suicide institutionnel
Dans la civilisation Inuit, existait la coutume du suicide institutionnel des anciens. Arrivés au soir de leur vie, les personnes âgées qui ne parvenaient plus à travailler, chasser ou pécher, demandaient à leur famille de les tuer. Les proches devaient alors refuser, effrayés, puis, lorsque l'ancien formulait une seconde fois sa demande, accepter, de peur d'attirer les esprits frustrés par cette mort due.
On a parlé, lors des premiers contacts, des anciens qui s'éloignaient, seuls, dans l'immensité glacée, pour aller mourir de froid dans la neige. Pourtant, cette manière de procéder était extrêmement rare, les formes choisies étant plus rapides et moins douloureuses. Le suicide se pratiquant avec l'aide d'un membre de la famille, généralement le fils aîné, les hommes optaient pour un coup de fusil, et les femmes par la strangulation à l'aide d'une lanière de cuir, qui leur brisait quasi-instantanément la nuque.
Le suicide institutionnel a disparu au milieu du XX éme siècle, lorsque les tribus, intégrées à la population des états ou se situaient leurs territoires, se virent accorder les droits sociaux. Les anciens bénéficièrent alors de pensions de retraite, et passèrent du statut de charge pour le groupe à celui de source de revenus.
Les coutumes : persistances
Les Inuit se sont fortement sédentarisés, principalement dans des villages côtiers où ils pratiquent la pêche. L'arrivée des colons Canadiens et la christianisation de l'Islande ont radicalement modifié leur système de croyances, qui était de tradition chamanique. Aujourd'hui, la plupart des groupes Inuits est d'obédience chrétienne.
Certaines coutumes, toutefois, perdurent. Lorsqu'un décès survient dans une maison, les habitants du village la vident entièrement de ses meubles, et la purifient, par un nettoyage approfondi et des fumigations. Les autres habitants de la maison, pendant ce temps, doivent se laver avec de l'eau de mer. Le défunt, lui, est placé à l'extérieur de la maison, au sommet d'une colline, à l'arrière de sa demeure, de préférence. Son corps est enroulé d'un linceul en peau de phoque, et c'est le froid qui assurera sa conservation durant les deux à trois jours que dureront son exposition.
Mode de sépulture : conjoncturel
Les obsèques sont classiques, un prêtre ou un membre de la famille vient réciter les prières de la liturgie chrétienne. Puis, chacun ayant accompli un geste d'adieu, une aspersion d'eau bénite généralement, le défunt, qui a été placé en cercueil juste avant la cérémonie, est déposé sur le permafrost. Le sol gelé, dur comme de la pierre, ne permettant pas de creusement, les cercueils est recouvert de lourdes pierres, ou de béton ; Les années 1980 – 1990 ont vu la construction de caveaux extérieurs, en enfeu.
Divers objets sont alors disposés autour de lui, certains ayant même pu être placés directement dans le cercueil, avant sa fermeture. Cette survivance de la tradition chamanique a pris aujourd'hui un autre sens, celui de la présence des proches auprès du corps du défunt, et l'importance que ce dernier a pour sa communauté, à travers ce geste assimilable à un sacrifice, comme un cadeau prouve l'affection.
Des découvertes archéologiques ont attesté de l'existence de ces monuments, sous forme de cairns, dès les premiers âges de la colonisation viking.
Une chose est sûre : les inuit ne laissent à personne le soin de s'occuper de leurs morts. Pour preuve, s'il existe cent mots dans leur langue pour désigner la neige, il n'en existe aucun pour ''pompes funèbres''.
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