Souvenirs - Echanges - Conseils
RECHERCHE
Magazine
NOUS SUIVRE
Pour une reconnaissance des métiers du funéraire 10 Feb 2012
|
Un récent article, dans Terrafémina, indiquait quels étaient, pour les lectrices de ce site, les « pire métiers du monde ». Bien entendu, les pompes funèbres et la marbrerie arrivaient en bonne place. L'on en tirera une morale qui n'est pas neuve : non, amis du funéraire, nos professions ne sont pas les pires du monde, mais certainement parmi les plus méconnues.
Ce n'est pas gentil, de se moquer
On pourra ironiser, au passage, sur la présence de la profession dans ''les métiers de l'angoisse'', et traiter gentiment les lectrices de peureuses, à l'heure ou la profession se féminise de plus en plus, ou s'étonner gentiment de branches inconnues, comme ce ''vendeur de pierre tombale'' qui laissera dubitatif tout marbrier digne de ce nom : doit on en déduire l'existence de vendeurs de stèles, de commerciaux en semelles, et un multi-spécialiste ''VRP multicarte caveaux préfabriqué/traditionnel'' ?
Les thanatopracteurs gémiront, eux, sur le fait que l'on ne connaisse pas leur nom : ''préparateur de morts'', qu'est-ce donc ? A eux, nous rétorquerons : « C'est votre faute, les gars, vous n'aviez qu'à choisir un job avec un nom moins dur à prononcer. ».
Il faudrait enchaîner avec la suite de l’article, quand même, mais... Comment ne pas compatir avec nos amis ''gardiens de cimetières'', au métier si difficile ? Alors que, partout, l'on parle de sous-effectifs, ils décrochent le pompon : un seul homme, même pas armé, pour empêcher tous ces défunts de s'enfuir... Sans mentionner nulle part le conservateur du cimetière, à moins d'accuser les lectrices d'avoir confondu ?
Laisse mes orteils tranquilles pendant la sieste !
Se tromper de nom n'est pas le plus grave, objecterons les fossoyeurs, porteurs, agents de funérarium, Maîtres de Cérémonies et autres assistants funéraires, carrément oubliés.
Et si ces honorables spécialités ne sont pas mentionnées, l'on s'interrogera sur ce ''croque-mort’’. Qui est-il, quelle formation a-t-il suivi, combien est-ce que ça paie ? Je ne sais pas vous, mais nous étions persuadés, à Mémoire des Vies, que le croque-mort était la désignation populaire de l’ensemble des métiers des pompes funèbres. La suite, mentionnée entre parenthèses, fait presque peur : le croque-mort était celui qui mordait l'orteil des gens pour s'assurer qu'ils étaient bien morts.
Nous avons, dans l’actualité récente, ironisé sur les petits Américains qui, pour soixante pour cent, ne savaient pas situer la France sur une carte. Nous nous sommes gaussés, mais jaune, des cinquante pour cent d’élèves Anglais de cinquième qui n'avaient aucune idée de qui pouvaient bien être Adolf Hitler. Pour apprendre quoi ? Qu'aujourd'hui, 10 février 2012, au XXIème siècle, donc, beaucoup de gens croient encore à cette histoire d'orteils.
Franchement : l'Histoire nous apprend une chose : le moyen âge était loin d'être l'époque obscure et barbare que l'on présente volontiers. Et même si l'hygiène était une exigence moins développée qu'aujourd'hui, qui croirait que qui que ce fut était prêt à faire sa profession de croquer les pieds des gens pour s'assurer de leur trépas ?
La fin d'une croyance populaire
D'où vient ce nom de croque-morts ? Cette appellation est apparue durant les grandes épidémies de peste du moyen âge. Les corps des pestiférés, après leur trépas, étaient jetés dans la rue. Les villes mirent en place un service pour évacuer les corps, composé de mendiants ou, selon les versions, de repris de justice. Ceux ci avaient pour mission de récupérer les dépouilles et de les inhumer dans des charniers à l'extérieur des villes. Pour charger ceux-ci, les hommes utilisaient de grandes perches aux extrémités munies de crochets. On disait qu'ils « crochaient » les morts, crocher qui est devenu croquer, à moins qu'il ne le fût depuis l'origine, puisque les crochets utilisés étaient des crocs de boucher. A noter : le chariot sur lequel les morts étaient transportés s’appelait la ''biera'' du mot latin qui signifie civière. Vous vous êtes déjà demandé d'où venait la ''mise en bière'' ?
L’Académie Française, un beau jour, a décrété que l'expression croque-morts venait d'un mot médiéval, ''croquer'' qui signifiait ''faire disparaître''. On appréciera l'arbitraire de la chose au regard du travail de l'historien.
![]() Tout ça pour dire que...
La plupart d'entre nous, travailleurs de la mort, sommes arrivés dans le métier par hasard, et n'en repartirions pour rien au monde. Et chaque jour, nous constatons que notre métier, qui concerne absolument tout le monde, un jour ou l'autre, compte parmi les plus méconnus.
A Mémoire des Vies, nous avons décidé de réagir. Tous les vendredi, l'article sera consacré au métier, ou plutôt aux métiers, des pompes funèbres et de la marbrerie. Sur un ton plus léger, nous expliquerons qui sont les croque-morts, ce qu'ils font et comment ils le font.
Pour cela, nous vous mettons à contribution : envie de parler de votre métier avec passion, un éclaircissement, une explication sur un aspecte de la profession, n'hésitez pas à entrer en contact avec nous, en commentaires ici, ou par l'intermédiaire du formulaire de contact.
Parce que notre métier n'est peut être pas le plus attirant du monde, quand on ne le connaît pas, mais nous l'aimons, faisons savoir pourquoi !
Illustration : Scène de la peste de 1720 à la Tourette (Marseille), tableau de Michel Serre (musée Atger, Montpellier). L'inhumation des cadavres à la Tourette par le chevalier Roze.
|
RSS | Mentions Légales | Faq | Publicité | Aide | Nous contacter |
Inscription





.jpg)
RSS